

"Ma fille, 12 ans, a trouvé la forme, en s'amusant avec un bout de laiton dans mon atelier, comme souvent. Un déclic, et j'ai trouvé la fonction", raconte fort joliment Marie-Noëlle Vicérial, créatrice de bijoux à l'enseigne "Les Ateliers de Saint-Pierre", à Pontarlier. Ces quelqu gestes bien inspirés ont donné naissance à l'Entrepage, un marque-page pas ordinaire, bijou utilitaire qui se glisse dans un livre ou un agenda. L'invention brevetée auprès de l'Institut national de la propriété industrielle a rencontré un franc succès au salon Les Artisanales de Chartres (70 000 visiteurs), dont Marie-Noëlle est une habituée depuis leurs créations en 1997. Ce qui lui vaut au passage une distinction décernée par le groupe Azur Assurances, organisateur de la manifestation en collaboration avec le réseau des Chambres de métier.
L'Entrepage n'en restera pas moins un produit artisanal comme toutes les créations de Marie-Noëlle. L'artisane aux longs cheveux bruns, enserrés dans un peigne au motif végétal, drappée dans de lourdes étoffes aux couleurs chaudes en ce début d'hiver, où s'est posé un papillon doré, est la meilleure ambassadrice de son style. Ses fils de cuivre et laiton, patinés ou oxydés, dessinent des arabesques au gré des désirs de chaque femme.
Artisanales, 11e édition, c'est parti depuis hier à Chartrexpo. 430 exposants venus de toute la France sont au rendez-vous. Nous vous dévoilons quelques uns de nos coups de coeur.
Marie-Noëlle Vicerial possède une sensibilité à fleur de peau. Cette Franc-comtoise de Pontarlier (Doubs) est une des plus fidèles exposantes des Artisanales. Son créneau depuis vingt-cinq ans : la création de bijoux. "Je suis autodidacte. Je suis animée par l'amour de la création. C'est en travaillant le laiton, en lui donnant des formes, que je suis arrivée au bijoux" a-t-elle confié, devant son stand décoré avec soin du pavillon orange, réservé aux métiers d'arts.
Le jardin secret de Marie-Noëlle Vicerial : son atelier de la vieille ville de Pontarlier, au bout d'un couloir, où ses fidèles clients viennent lui acheter bagues et colliers, mais surtout ses ornements d'oreille et ses épingles à cheveux qui font sa réputation.
"J'ai pas mal de clients qui s'arrêtent chez moi en allant au ski", assure-t-elle. Marie-Noëlle Vicerial réalise des pièces uniques dans lesquelles elle met tout son coeur et son savoir-faire. Quelques petites séries complètent sa collection.
"Il y a une magie"Elle quittait rarement le Doubs jusqu'à ce que la chambre des métiers de Franche-Comté ne lui propose, il y a une dizaine d'années, une place sur le stand collectif des artisants de sa région aux Artisanales de Chartres. Depuis, elle ne peut plus s'en passer et vole de ses propres ailes. "C'est le plus grand salon auquel je participe. Les Artisanales de Chartres, c'est extraordinaire. Il y a une véritable attente du public. Dès l'ouverture des portes, la foule se presse autour de nos stands. Il y a une magie", s'enthousiasme-t-elle. Cette année, Marie-Noëlle Vicerial est venue avec une nouveauté : des marque-pages. "Cette nouveauté est pour moi un véritable cadeau de la vie. Un jour, Jeanne, ma fille de 13 ans, e bricolant, a tordu une tige de laiton. La reprenant, je l'ai glissée par hasard dans un livre et c'est ainsi qu'est né l'entrepage", révelle-t-elle. Heureuse et émue, elle a fait breveter ses marque-pages par l'Institut national de la propriété industrielle. Cette année encore, Marie-Noëlle Vicerial sera l'une des femmes qui marqueront les Artisanales de Chartres.
LES GENS DE CHEZ NOUS
Extrait du "Banco" de Pontarlier - n°247 : du 05/05 au 11/05/1998(...) Marie-Noëlle vient de Provence. Elle y a passé une grande partie de sa vie, à assimiler les savoirs de sa famille, et a choisi d'amener du meilleur de son soleil dans la froide contrée de son mari, Jean-François. Marie-Noëlle crée des bijoux. Bijou-floral, bijou-composition... de quoi vous parer de printemps. Elle récupère, compose con bouquet, au fil des intuitions et des inspirations. "Je suis issue d'une famille nombreuse où, par manque de moyens, on avait pris l'habitude de fabriquer nos jouets nous-même. C'est sûrement pour cette raison que j'ai toujours aimé bricoler." Car Marie-Noëlle ne se définit pas comme une artiste, mais comme une bricoleuse. "A chaque fois, je ne sais pas d'avance ce que je vais créer, que ce soit pour les bijoux ou pour mes loisirs, la couture ou la musique."
Quand Marie-Noëlle crée, elle met en scène. "Elle part sur un thème, qu'elle fait évoluer petit à petit, à la manière de l'écrivain ou du peintre. Rien n'est répétitif, le résultat est toujours personnalisé. D'ailleurs, il y a toujours ce moment magique, après la création, quand une personne met un bijou, dans son regard, dans son sourire," explique son mari, en observateur privilégié et fasciné.
De tradition familiale, les bijoux doivent leur originalité à de petits trucs qu'on garde jalousement dans la famille, et qui ne peuvent se transmettre aux "non-initiés". Les enfants du couple s'intéressent déjà aux créations de maman : "Ils donnent des idées, formulent des critiques. Ils n'ont pas peur de me dire qu'une de mes créations est moche, ou au contraire de me faire des compliments." D'ailleurs, elle crée aussi des bijoux pour les petites filles, qui pourront ainsi "mettre en valeur leur féminité".
Du cuivre et du laiton travaillés à la commande
Les créations de Marie-Noëlle sont faites de cuivre et de laiton, par un jeu de soudure tout en volupté, ensuite doré ou argenté, puis patiné pour donner un aspect vieillot si charmant. Marie-Noëlle peut aussi travailler à la commande. "Je travaille toujours uniquement avec ce que je peux offrir à la personne qui me demande quelque chose, sur la base de mes créations originelles. Si quelqu'un a une idée, je propose une esquisse de départ, puis nous travaillons ensemble. C'est le principe général de mes créations : chaque bijou est unique et pour une personne. Même si un bijou attend un an dans mon atelier, je pars du principe qu'un jour ou l'autre quelqu'un y trouvera ce qu'il recherche."
Ses "clients", qu'ils soient la Madeleine Proust ou une parfaite inconnue, Marie-Noëlle les chouchoute. C'est dans sa nature. "Il faut prendre le temps d'aimer les gens pour trouver le bijou qui les mettra en valeur. Je ne veux pas vendre pour vendre. Je préfère privilégier le côté convivial du commerce plutôt que le côté business, et laisser libre court à l'imagination, tant la mienne que celle des femmes qui portent mes bijoux. Mon principe est de privilégier les rapports humains, de discuter avec les gens, sur mon travail, le leur, leurs achats dans mon atelier, ou tout autre sujet. En fait il y a autant de savoir-faire à qcquérir dans la création que dans la vente-maison. Dans mon atelier, je travaille à mon rythme, je ne veux pas faire un travail à la chaîne qui ôtera son âme au bijou. Je prends le temps de réfléchir et de laisser venir l'inspiration. Si je prends du plaisir à créer, le porteur prendra du plaisir à porter. Il n'y a pas d'histoire de rentabilité à tout prix, même si elle est nécessaire pour payer les charges. Je laisse faire la vie, au fil des rencontres et des coups de coeur."
L'atelier de Marie-Noëlle Création est ouvert au public tous les jours sauf le dimanche, de 9h à 11h et de 14h à 16h, ou sur rendez-vous au 06.80.70.91.34. Pour tous les timides qui n'osent pas franchir le seuil, Marie-Noëlle s'expose aussi sur les marchés. (...)
Marie-Noëlle Vicéral, "Marie-Noëlle Créations" présente à Lons un modèle exclusif de bijou-épingle à cheveux (ci-contre).
L'actucieuse épingle fixe un chignon banane d'un simple geste. Chaque modèle, unique, est travaillé au chalumeau, en cuivre ou en laiton.
Avec sa barette pour cheveux, Marie-Noëlle Vicerial vient de décrocher un prix très convoité dans le domaine de la création artisanale. En un clin d'oeil, elle réalise une coiffure sophistiquée, qu'on peu défaire complètement et recommencer soi-même. Sans grimace, sans renfort de laque. Le principe est tout simple et fait son effet. Encore fallait-il y penser.
Rien de mécanique
Installée depuis quatre ans à Pontarlier dans son atelier de création de bijoux, Marie-Noëlle prend du plaisir à créer chacune de ses pièces uniques. Loin de simples outils, ces barettes sont des objets d'art sur lesquels il faut passer du temps. "J'utilise un chalumeau, un marteau, une enclume", explque-t-elle. Surtout, il faut faire preuve de précision et d'imagination. Toutes sortes d'estampes se baladent sur son atelier. Elle s'applique alors à assembler et souder les pièces de cuivre ou de laiton au gré de son intuition. Artisane, artiste également, Marie-Noëlle n'arrête pas là son travail. Elle doit aussi jouer de sa fibre commerciale et de psychologue pour vendre ses oeuvres. "Les femmes qui viennent me voir sont souvent méfiantes. Elles n'imaginent pas que cela puisse tenir." Mme Vicerial leur explique alors que c'est possible parce que c'est une femme qui y a pensé. "Il n'y a rien de mécanique dans cette invention."Avec deux piques qui épousent la forme du crâne, la pince assure une tenue longue durée à tous les chignons. La femme qui la porte est aussitôt mise en valeur.
Passionnée
C'est ce que Marie-Noëlle a passé son temps à expliquer à l'exposition de Meynac. Les passantes étaient sceptiques, essayaient et repartaient convaicues avec leur nouvelle coiffure. Cela a tépa dans l'oeil du jury de cette rencontre artisanale reconnue.
Marie-Noëlle est une artisane autodidacte. Elle met son coeur dans chaque oeuvre qu'elle crée et en explique l'esprit et le concept jusqu'à la vente. C'est une passionnée tout simplement, qui espère que "ces pinces pour cheveux resteront artisanales aussi longtemps que possible".
"C'est un lieu qui a une âme. C'était ici chez le docuteur Grenier...", évoque Marie-Noëlle qui crée des bijoux dans la maison du médecin des pauvres.
Même sans la référence historique au bon docteur, député de Pontarlier et qui se rendit célèbre pour s'être converti à l'Islam, l'endroit dégage une ambiance agréable : au bout d'un porche couloir, autour d'un escalier à barrière en fer forgé, de petites cours sur lesquelles ouvrent aujourd'hui des ateliers d'artisans.
Trois fois mieux
Marie-Noëlle Vicérial y a d'abord installé son atelier où elle crée des bijoux.
Emmanuel Belot, maroquinier, vient d'y aménager, il y a deux mois.
Isabelle Cote-Colisson, céramiste, va laisser "Penser des violettes" pour les rejoindre au mois d'avril.
Trois raison d'entrer au 1, place Saint Pierre, comme l'ont fait ce week-end les curieux, dans le cadre des "Portes Ouvertes", pour le plaisir des lieux, le plaisir des yeux et celui d'offrir.
Marie-Noëlle Vicérial, dont l'atelier de création de bijoux est situé place Saint Pierre, représentera la Franche-Conté au salon "Les Artisanales" de Chartres.
(...) Marie-Noëlle Crée des bijoux. Habituée aux petites expositions, elle apprécie de pouvoir se rendre à Chartres. "Sans la Chambre Régionale de Métiers de Franche-Comté, je n'aurais pas pu participer aux "Artisanales".
Le Salon national du savoir-faire au savoir-vivre va réunir les artisans de diverses régions de France ainsi que des délégations étrangères, du 9 au 12 octobre prochain. La Franche-Comté y aura un stand collectif où six artisans montreront leur travail dans des domaines variés.
Marie-Noëlle a toujours aimé bricoler. Elle se considère d'ailleurs plus comme une bricoleuse que comme un bijoutière. "Je suis issue d'une famille nombreuse où on n'avait pas les moyens de tout s'acheter. Le bricolage, c'est dans les gènes de la famille, on se le transmet. C'est plus qu'une passion, c'est naturel, vital." Elle crée des bijoux traditionnels comme les colliers mais elle a surtout trois articles spécifiques, modèles uniques.
Tranches de vie
L'épingle à cheveux a beaucoup de succès. Le tour d'oreille est une boucle originale que Marie-Noëlle adapte à chaque morphologie. La broche à pull est sa troisième spécialité. Tous ces bijoux sont formés de feuilles et fleurs en cuivre ou laiton, inspirés d'estampes et imaginés par Marie-Noëlle.
Elle dit composer les bijoux comme on compose un bouquet de fleurs. Elle part sur un thème et elle le fait évoluer. "Je ne sais pas d'avance ce que je vais faire, je me lance et je suis souvent étonnée par le résultat."
Son atelier de Pontarlier ouvert depuis un an se situe dans les anciens locaux du docteur Grenier où elle se sent bien. Elle y accueille les gens, prend le temps de leur expliquer son travail, partage des tranches de vie avec eux. Elle prendra le même plaisir à faire décourvrir ses créations et la région aux visiteurs du salon de Chartres.